La transition vers le véhicule électrique est souvent racontée comme une histoire de batterie et d'autonomie. Matthieu Collignon a choisi de la raconter comme une histoire d'infrastructure et de confiance. Tant que les conducteurs ne savent pas qu'ils trouveront une borne disponible et fonctionnelle quand ils en auront besoin, ils n'achèteront pas de voiture électrique. C'est de cette conviction simple mais puissante qu'est née l'ambition d'Electra.
Le défi fondateur d'Electra n'était pas technologique — les bornes de recharge ultra-rapide existaient déjà. C'était un défi d'exécution et de financement. Déployer 1 000 points de recharge dans 8 pays en trois ans nécessite une organisation opérationnelle capable de gérer simultanément des dizaines de chantiers dans plusieurs pays, des partenariats fonciers complexes avec des acteurs de tailles très différentes, et des certifications réglementaires variables selon les marchés. Matthieu Collignon a recruté une équipe qui combine des profils de l'immobilier commercial, de l'énergie, de la tech et des opérations — une organisation résolument cross-fonctionnelle.
La levée de 300 millions d'euros est un signal fort de la crédibilité du modèle auprès des investisseurs institutionnels. Eurazeo, SNCF Ventures et TotalEnergies Ventures — trois acteurs avec une connaissance approfondie du secteur de l'énergie et de la mobilité — ont co-investi dans Electra parce qu'ils ont vu dans son modèle une réponse crédible à un besoin d'infrastructure massif. Pour Matthieu Collignon, ce soutien institutionnel est aussi une validation commerciale : les grandes entreprises d'énergie et de transport ont intérêt au succès d'Electra, et elles peuvent ouvrir des portes que peu de startups pourraient pousser seules.
